Patrimoine mondial de l’Unesco – Viaduc de Garabit : une volonté partagée, affirmée lors du 3e congrès européen à Saint-Flour

La France accueillait, fin novembre, le troisième congrès européen pour la candidature des ponts métalliques à grandes arches de la fin du XIXe siècle au classement Unesco. Plusieurs étapes se sont succédées durant ce rendez-vous tenu sur les sites des deux ouvrages français du Viaur et de Garabit.

Deux viaducs français pour une candidature européenne

La France présente deux viaducs pour cette candidature européenne des ponts métalliques à grande arche dont on doit l’initiative à l’Allemagne et aux représentants de Solingen. Aussi, l’organisation de ce dernier congrès s’est déroulée en deux temps avec une première journée dans l’Aveyron et le Tarn pour le viaduc du Viaur et une journée dans le Cantal pour le viaduc de Garabit.
Les présentations techniques et historiques des deux ouvrages ont permis de dévoiler les prouesses des ingénieurs et des ouvriers de l’époque pour contribuer à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du Viaur et de la Truyère « à l’achèvement du grand réseau ferroviaire français pour le désenclavement et le développement économique des territoires », comme l’a résumé Bertrand Lemoine, historien et spécialiste du patrimoine industriel.

Six ponts pour conter une même histoire

Pourquoi ces six ponts et pas d’autres ? Au stade actuel de la réflexion, ces six ponts présentent plusieurs facteurs de cohérence : leur architecture exceptionnelle et innovante pour l’époque de la fin du XIXe siècle (ils ont été construits sur une période d’une trentaine d’années), permettant l’ouverture des territoires en repoussant les prouesses du génie humain ; leur exemplarité pour les constructions futures ; le fait qu’ils soient toujours en activité dans leur état authentique, sans modifications majeures.

Garabit et Viaur (France) – Dom Luis et Maria Pia (Portugal) – Mungstener Brucke (Allemagne) – San Michèle (Italie)

© Vidéo : Mayeul Schlagenhauf - couleurcantal.tv

Comment atteindre la reconnaissance de l’Unesco

Parmi les critères de l’Unesco qui doivent déterminer la valeur universelle et indiscutable du bien présenté, il s’agit d’arrêter les plus pertinents à défendre.

La candidature pourrait s’appuyer sur les éléments suivants :

  • chef d’œuvre du génie humain ;
  • échange d’influences pendant une période donnée ;
  • type de construction ;
  • ensemble technologique.

Le collectage des archives et des informations historiques, techniques, scientifiques ne fait que commencer. Il s’agira aussi de prouver la préservation et la gestion des ouvrages et de leur environnement immédiat. Le fait que ces viaducs soient toujours en activité est un point très positif, gage de leur préservation.

« S’armer de patience »

La candidature, conduite au plan national comme européen, pourrait intervenir d’ici trois ou quatre ans. Elle sera ensuite étudiée et pourrait aboutir par l’obtention du titre au terme d’une dizaine d’années.
« Il faut s’armer de patience, faire preuve d’exigence pour construire le puzzle, mais le challenge est passionnant », notait au terme du 3e congrès européen un participant de la délégation portugaise.

Au cours de ce troisième congrès européen a été officiellement actée la participation du viaduc du Viaur.

Point important aussi, la SNCF, propriétaire des deux viaducs français qu’elle utilise toujours, rejoint l’aventure et sera un allié indispensable pour la valorisation du patrimoine industriel. Étaient aussi présents les descendants de Gustave Eiffel, toujours sensibles à la préservation de l’œuvre de leur illustre aïeul.

 

Une gouvernance à deux étages

Pour conduire cette candidature des ponts métalliques à grande arche de la fin du XIXe siècle, la gouvernance va se construire en deux étages :

le premier au niveau national avec la constitution d’une association par pays d’ici 2020. Pour la France, elle regroupera les trois communautés de communes (Saint-Flour Communauté, Carmausin-Ségala et Pays Ségali Aveyron) qui porteront la candidature, mais aussi les communes riveraines, dont Ruynes-en-Margeride et Val d’Arcomie, la SNCF, les offices de tourisme, en associant les partenaires publics et privés.

le second étage sera international avec la création d’une fondation dont le siège sera en Allemagne.

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